Si vous êtes africain de la diaspora, et que vous souhaitez entreprendre “au pays”, je ne peux que vous encourager. Ayant moi même fais le pas, j’ai pu identifier des éléments qui favorisent le succès, ou du moins ceux qui diminuent les risques d’échec. Les recommandations que j’ai identifiées ci-dessous sont issues de mon expérience personnelle. Bien qu’elles ne soient pas exhaustives et universelles, je pense qu’elles constituent un bon point de départ.
De 2005 à 2008 j’ai travaillé en tant que développeur d’applications puis ingénieur d’études et développement sur les technologies Java/J2E liées au mobile et au Web. Cela m’a permis de connaître les domaines fonctionnels de la banque, de l’énergie et des médias. Par la suite, j’ai décidé de créer ma propre boite. J’ai toujours été entreprenant au collège, au lycée et pendant mes études universitaires. Mais jusque là il s’agissait d’actions associatives sans risque financier. Monter ma boite en France fût assez facile grâce à une formation délivrée par la chambre de commerce de Créteil. Mais lorsqu’il a fallu monter une entreprise en Côte d’Ivoire, j’ai dû surmonter de nombreux obstacles.
J’ai alors eu à passer ce que j’appelle mon “MBA Entrepeneuriat Technologique du Terrain pour l’Afrique“. En effet, je me suis toujours dit qu’il me faudrait au moins 3 ans pour mieux comprendre l’environnement dans lequel je souhaitais m’aventurer. Je suis ainsi parti sur la base selon laquelle aucune formation académique ne pourrait me faire atteindre cet objectif. J’ai donc fait la démarche en allant sur le “terrain”. Et au lieu de rester spectateur, j’ai lancé AllDenY puis l’Ong Akendewa. Je reviendrai sûrement sur ce parcours dans une autre série d’articles.
En Novembre 2007, je suis revenu pour la première fois en Cote d’Ivoire après 7 ans d’absence. J’y ai passé 3 semaines et je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire dans le domaine des technologies. L’année qui a suivi, sans grands moyens, j’ai décidé de créer une start-up en espérant faire des bénéfices assez rapidement. La première activité de cette boite était de mettre en place une équipe de développeurs pour mes clients se trouvant en Europe.
Ci-après une liste (non exhaustive) de points à prendre en compte pour éviter les erreurs que j’ai pu commettre :
Vous pourriez vous installer en SARL pour avoir la crédibilité auprès des grands comptes locaux. Mais que vaudra cette crédibilité si aucune entrée d’argent ne se fait dans les premiers mois ? Si vous êtes entrepreneur, c’est que vous avez conscience que vous devez prendre des risques calculés. Croyez-moi, vous gagnerez à impliquer le minimum d’argent avant d’avoir une connaissance approfondie de l’environnement des affaires dans le pays que vous aurez choisi. Les taxes et autres impôts sont très élevés dans la plupart des pays (surtout en Afrique Francophone).
Dans le cas de la Côte d’Ivoire, par exemple, vous devriez débourser pas moins de 2.000.000frcfa (environ 3.000€) avant que votre entreprise ne puisse fonctionner dans les normes. Alors qu’avec une entreprise individuelle, vous ne dépenserez pas plus de 100€ (65.000frcfa) au cas où votre entreprise est créée en Côte d’Ivoire. Pour évitez les ennuis avec l’administration fiscale, effectuez les démarches nécessaires pour obtenir tout ce qu’il faut afin de pouvoir émettre des factures traçables. En Côte d’Ivoire, elles sont appelées “factures normalisées”.
Vous ne pourrez pas juste exporter un concept occidental en Afrique et espérer qu’il ait du succès. Les habitudes des africains sont très différentes de ceux des occidentaux. Vous ne pourrez, par exemple, pas mettre en place un service payant fonctionnant à partir de la messagerie vocale pour les particuliers. Tout simplement parce qu’en Afrique, l’on n’utilise peu la messagerie vocale. Rare sont les africains qui activent leur messagerie vocale.

Votre solution technologique, aussi sophistiquée et fonctionnelle soit-elle, ne pourra rencontrer le succès si elle n’est pas en phase avec les besoins locaux. Vous avez toujours la possibilité de créer une nouvelle habitude. Mais vous conviendrez avec moi que le risque sera très élevé et il vous faudra dépenser beaucoup d’argent pour éduquer les utilisateurs.
Si votre activité implique des prestations de service pour des entreprises, je vous conseillerai de mettre en place plusieurs formulaires (avec chacun un spécimen rempli) qui aideront vos clients à soumettre clairement leurs attentes. La plupart des PME en Afrique ont un peu de mal à exprimer clairement leurs besoins technologiques. Contrairement à l’Europe ou l’Amérique, les responsables des entreprises n’ont pas forcément le minimum de connaissance des technologies afin de savoir ce qui leur faut.
L’un de nos clients nous a une fois demandé de lui trouver un Serveur dédié pour son seul site web. Après plusieurs échanges, je me suis rendu compte qu’il avait souhaité exécuter des commandes Unix sur le serveur mutualisé sur lequel se trouvait son site. Sauf que les accès qu’il avait ne lui donnaient pas le droit d’exécuter ces commandes. Le problème a été résolu en autorisant juste ces commandes pour ses accès. L’on aurait pu lui faire prendre ce serveur dédié et gagner une grosse commission au passage. Mais, le client en question serait alors face à de nombreux problèmes de sécurité nécessitant une compétence qu’il n’aurait pas pu se payer. Vous imaginez la suite de nos rapports dans ce cas-là ? Que dire de la mauvaise étiquette qui nous aurait été collée ?
Cela vous évitera d’être à la recherche de matériel, car sur place les prix sont très élevés et le choix en matière de matériel informatique peu étendu.
Par exemple, si vous avez besoin d’un type particulier d’imprimante, vous n’aurez pas forcément la chance d’en trouver au pays.
C’est aussi une occasion pour vous de faire des économies tout en acquérant du bon matériel. Sur place, ce sera trop tard car vous pouvez tomber sur du matériel comportant des vices cachés.
Il faut également savoir que les taxes sur le matériel informatique sont très élevées dans certains pays. Le Kenya reste une exception compte tenu de sa politique incitative. Par contre les pays comme la Côte d’Ivoire souhaitent faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat à travers ces taxes, ce qui a une grande influence sur les prix de plus en plus élevés. Cette situation risque de perdurer car l’État compte énormément sur les taxes douanières pour sa relance.
Il y a pas mal d’entreprises et de particuliers qui ont de l’espace non exploité. Il faut savoir que si vous décidez de louer directement un bureau (la même chose s’applique pour les logements) vous aurez à payer pas moins de 5 mois de caution. Il n’y a pas de honte à être hébergé. Bien au contraire, cela vous donne le temps de vous organiser et de vous concentrer sur l’essentiel : le service que vous venez proposer.
Contrairement à l’Europe qui n’a pas vu passé son époque des “start-ups sorties du garage, comme les USA, l’Afrique a là son opportunité. En effet, comme au début des années 70 avec l’ordinateur personnel, et au milieu des années 90 pour l’Internet, cette deuxième décennie qui commence va voir naître des géants sortis de très bas. Au Kenya, c’est l’exemple de Ushahidi qui a été mis en place en 48h par David Kobia avant de devenir au fil du temps une grosse mine d’or.
Si vous êtes plus de 5 membres de l’entreprise, vous gagnerez à utiliser les services d’une personne, moyennant un petit intéressement, pour “faire le marché” et préparer vos repas. Gardez juste en tête que “faire le marché” implique des “retenus”. Il s’agit de la monnaie qui ne vous reviendra jamais. A vous de connaître le juste prix et d’évaluer les dépenses avec votre prestataire.

Par Wayan Vota
Ces services de traiteurs personnels sont de plus en plus répandus dans les capitales africaines. Je vous conseillerai de prendre le temps d’expliquer à vos collaborateurs leur bien-fondé. Faîtes-les participer au choix des plats à l’avance. Si vous arrivez à rendre le processus amusant, vos collaborateurs seront eux même très engagés. Certains n’hésiteront pas ramener des légumes et des fruits en guise de participation.
Au commencement, il est plus judicieux de prendre des collaborateurs en contrat freelance. Evitez donc de signer des CDD ou CDI à vos employés.
Attention, il n’est pas question de mettre des personnes dans une situation de précarité! Mais force est d’avouer que la conscience professionnelle n’est pas une chose qui est automatique dans nos pays. Du coup la plupart des gens l’apprennent seulement durant leurs premières années (d’embauche).
Il existe aussi un gros problème quant au respect (je dirai même “la compréhension”) des délais de livraison. Certaines personnes n’arrivent pas à comprendre que vous puissiez perdre un marché (que vous aviez déjà conclu) suite à des retards de livraison.
Vous éviterez ainsi d’entendre “chef je n’ai pas d’argent pour me rendre au travail”. L’idée ici est d’envoyer un signal à vos collaborateurs afin qu’ils comprennent l’importance de l’assiduité. Prenez le temps de “tracer” l’itinéraire de chacun de vos collaborateurs pour définir avec lui le meilleur trajet à utiliser. Pour être plus efficace, vous pouvez leur remettre à l’avance l’équivalent les frais de déplacement comptant pour une semaine.
Il existe aussi des transports en commun pour travailleurs. Renseignez-vous afin de souscrire des abonnements pour vos collaborateurs. Dans la mesure du possible, organiser le covoiturage dans votre entreprise. Encourager ceux qui acceptent de conduire les autres avec des bons pour leur carburant ainsi que divers petits cadeaux. C’est le geste qui compte. Le covoiturage a pour avantage d’améliorer l’esprit d’équipe que vous souhaitez voir régner dans votre entreprise.
Personnellement je n’hésite pas à ramener mes collaborateurs jusqu’à leurs domiciles. C’est l’occasion de discuter de choses de la vie afin de mieux se connaître. Mais attention à ne pas aller trop loin dans les rapports hors cadre du travail. Cela risque de se retourner contre vous. N’utiliser pas vos employés pour faire vos courses personnelles. C’est là qu’il faut ressortir les choses positives que vous avez apprises en occident. Vos employés ne sont pas vos domestiques ou vos assistants personnels à moins que vous n’embauchiez quelqu’un pour ces tâches particulières.
J’ai pu remarqué que même les plus grandes entreprises dans nos pays utilisent des versions piratées de Windows et d’autres logiciels pour lesquels ils ne veulent pas acheter la licence. Il vaut mieux éviter cela car si vos productions s’adressent aux marchés occidentaux, le problème d’acquisition de ces licences se posera. Si vous n’avez pas les moyens, utiliser les logiciels libres et gratuits. Un investissement en temps peut être nécessaire. Mais dans tous les cas vous économiserez. Si vous ne vous y connaissez pas, n’hésitez pas à vous renseigner et surtout à consacrer le premier mois de votre installation à la prise en main de ses outils.
De nombreuses écoles, dans nos pays, forment des techniciens capables de travailler sur les logiciels libres : voilà une opportunité à saisir. Je ne dis pas de mettre de coté les logiciels payants, mais comme l’indique le point qui suit, vous êtes finalement un modèle de leadership à travers votre entreprise. Et si vous n’avez pas les moyens de vous offrir un logiciel payant, il vaudrait mieux vous tourner vers des logiciels libres et gratuits.
Venu de la diaspora, vous ne devriez pas être la personne qui promeut les violations des droits d’auteur et de la propriété intellectuelle.
En tant qu’entrepreneur africain, vous devez gardez en tête que vous représenter un modèle de leadership.Les africains commencent peu à peu à s’intéresser aux formes de leadership autres que celles de la politique. Vous avez donc la responsabilité de véhiculer des valeurs morales sur lesquelles vos suivants devront s’appuyer.
Personnellement je me suis lancé dans une aventure communautaire en parallèle avec mon activité professionnelle à Abidjan. Avec 10 entrepreneurs locaux, nous avons donc mis en place Akendewa pour “émuler l’industrie de l’Internet et du mobile en Afrique”. Ce qui au départ n’était qu’une simple organisation pour passionnés des technologies, est devenu une véritable plateforme qui permet à ces acteurs d’agir dans tous les domaines de la vie en Afrique. Nous avons ainsi pu sauver des vies grâce au projet #civSocial et n’arrêtons pas d’encourager les initiatives technologiques des entreprises et des individus. Vous avez la possibilité de rejoindre un tel mouvement car il en existe dans chaque pays Africain.
A moins d’avoir beaucoup d’énergie et un plan sur plusieurs années, je ne vous conseillerai pas de créer une association ou un club supplémentaire dans le pays que vous aurez choisi. Vous aurez juste à intégrer un déjà existant et à lancer des initiatives sous son couvert. Si vous n’en trouvez pas qui vous corresponde, alors vous pouvez aisément lancer votre propre association /organisation/club. Mais dès lors que vous êtes lancé, accepter de répondre aux préoccupations de chacune des personnes qui s’intéressent à vos initiatives. C’est parmi ces personnes là que se trouvent celles qui porteront vos projets.
Un matin de septembre 2010, j’ai reçu un message d’un certain Cyriac Gbogou. Il souhaitait m’encourager pour Akendewa et pour Yefite!, le guide Communautaire des bons endroits africains que nous avons ouvert chez AllDenY. La vérité c’est qu’il suivait nos activités en ligne depuis un moment et venait de décider de se joindre à nous. Après plusieurs échanges sur Facebook, il a commencé à travailler pour akendewa sans avoir rencontré un seul de ses membres fondateurs. Quelques mois plus tard, tout ceux qui connaissent Akendewa, savent qui est Cyriac tant il s’est approprié la mission et la vision de l’organisation.
Prenez des précautions vis-à-vis de ce que vous réalisez. Une pratique courante est que des personnes se font embaucher juste pour savoir ce que vous faites afin de vous copier : en gros c’est de l’espionnage. Protégez-vous de vos collaborateurs en leur donnant accès, uniquement, aux informations dont ils ont besoin pour travailler.
L’art de savoir déléguer est certes l’une des choses les plus importantes que l’entrepreneur doit cultiver, mais si vous créer des logiciels ou des applications, je vous conseillerai par exemple d’écrire vos premiers programmes vous même puis de mettre en place une API que vos collaborateurs pourront étendre. Et avec le temps, vous pourrez identifier des collaborateurs disposés à aller loin avec vous. À ces derniers, vous pourrez ouvrir peu à peu vos portes secrètes.
Dans tous les cas, il faudra que vous mettiez à disposition tout ce qu’il faut pour que vos collaborateurs puissent avancer dans leur travail. Ce n’est pas le lieu de faire de la rétention d’information. Vous en sortirez perdant.
J’imagine que vous n’êtes pas tout à fait d’accord avec cette première recommandation. Moi non plus. La vérité c’est que vous avez plus de chance de réussir dans un pays autre que le votre. Cela ne vous empêche pas de choisir votre pays d’origine comme destination pour votre aventure entrepreneuriale.
Lorsque vous retournez dans votre pays d’origine, la famille et les amis sont très contents de vous revoir. Sans le vouloir, ils peuvent constituer une distraction vis-à-vis de vos objectifs. Vous risquez donc de perdre du temps à vouloir les satisfaire en même temps que vous essayerez de faire fonctionner l’entreprise que vous venez de créer.
Et qu’on ne se le cache pas, en Afrique l’on considère souvent que l’entrepreneur est un chef d’entreprise. Implicitement un chef d’entreprise est sensé avoir un certain pouvoir financier. Par conséquent, l’on estimera que vous détenez ce pouvoir. Aussi, vous aurez beaucoup de difficultés à expliquer que vous êtes dans une dynamique de création de valeur et de richesse plus que de dépenses.
Personnellement j’ai eu des soucis avec certains membres de ma famille qui n’acceptaient pas le fait que je ne leur consacre pas une journée de visite alors qu’ils me voyaient “passer à la télé locale pour parler d’informatique”. Dans la mesure du possible, j’essaie de rencontrer le maximum de personnes. Mais si, comme moi, vous avez une très large famille, vous risquez de perdre beaucoup de temps. Le mieux étant de programmer ces visites lorsque vous venez pour des vacances.
Il y a des pays en Afrique, dans lesquels le secteur des technologies de l’information est plus dynamique que dans d’autres. Lorsque j’analyse les évolutions de ce secteur ainsi que les plans des différents Etats vis-à-vis de l’industrie des technologies, il est clair que certains pays ont déjà un cadre propice pour les start-ups. Si vous n’avez pas beaucoup d’argent pour démarrer, je vous recommanderai de vous diriger vers ces pays auxquels je consacrerai prochainement un article de la série “La diaspora face à l’écosystème des Tic en Afrique”.
Tant avec vos collaborateurs qu’avec d’éventuels partenaires ou clients locaux. L’amnésie volontaire est pratique courante. Garder une trace des accords que vous passez avec les uns et les autres est important. Cela vous évitera bien des déboires.
Lorsque vous présenterez des accords écrits à vos collaborateurs ou à vos partenaires, ils se rendront compte de l’importance que vous accordez à ces accords. Cette démarche qui témoigne de votre engagement ferme, obligera le collaborateur à remplir sa part du contrat avec sérieux. Au premier abord, si vous laissez une certaine liberté à vos collaborateurs, vous aurez l’impression qu’ils ne sont pas engagés. Mais si vous prenez le temps de “rendre officiel” vos accords par l’écrit, vous serrez vous-même surpris par la montée de leur productivité. Il ne s’agit pas de les exploiter. Par exemple, il règne une telle chaleur dans la plupart des pays d’Afrique, qu’il serait maladroit d’obliger vos collaborateurs à prendre des pauses-déjeuner de moins d’une heure.
N’hésitez pas à vous procurer le code du travail du pays que vous aurez choisi. Contrairement à ce que peuvent croire certains, l’administration juridique dans la plupart des pays africains est très réactive lorsqu’il s’agit de non respect d’engagements contractuels dans le cadre professionnel.
Il vous faudra bénéficier des services d’un conseiller juridique, dans le cadre de vos recours.
Ne donnez jamais les plans de vos projets à qui que ce soit sous prétexte qu’il va vous trouver des marchés locaux ou des partenaires internationaux.
Gardez secret les détails d’implémentation de vos projets. Pensez à rédiger des présentations et des fiches-projets assez explicites mais qui n’exposent pas ces détails.
Certains n’auront aucun scrupule à utiliser vos documents comme s’ils en étaient les auteurs. Et lorsque le mal sera fait, vous n’aurez pas de réelles possibilités pour en réclamer la propriété.
J’ai encore en souvenir un évènement malheureux rencontré par un entrepreneur Suisse d’origine ivoirienne. Ce monsieur a mis au point un ordinateur et un système d’exploitation basé sous Unix (la même base logiciel que Linux et mac OS ). Je m’étais entretenu avec lui en Août 2009 à Abidjan. Et lors de d’une présentation de son produit à l’hôtel Ivoire d’Abidjan, il s’est fait voler l’un de ces trois prototypes qui étaient pourtant surveiller par les forces de l’ordre.
Sans hésitation et pour la survie de votre aventure entrepreunariale, séparez-vous des collaborateurs qui ne respectent pas les horaires de travail, les délais, les règles que vous aurez établies. L’indulgence peut vous perdre lorsqu’il s’agit d’incompétence. A moins que vous ayez un budget conséquent pour la formation technique de vos collaborateurs, je vous suggère de ne pas perdre de temps avec les collaborateurs qui ne font pas le poids.
Les technologies représentent un secteur de compétitivité universelle. Même si vous êtes en Afrique, sachez que vos concurrents peuvent être européens, américains ou indiens. Je connais quelques entreprises européennes qui créent des applications pour les africains. Et venant de la diaspora, vous savez aussi bien que moi que les techniciens européens “font attention aux détails”.
Même si vous réaliser des solutions simples, faites en sorte d’éviter de passer du temps pour du support. Pour cela, engagez-vous avec des collaborateurs qui ont compris l’importance du travail bien fait. Ces derniers devront prendre le soin de documenter aussi largement que possible l’ensemble des réalisations qu’ils auront à accomplir.
En tout cas pas dans la première année. Cela peut paraître contraire à l’esprit avec lequel je promeus l’entrepreneuriat en Afrique. Mais, il vaut mieux être franc. L’Afrique est un continent merveilleux. Mais quelqu’un qui l’a quitté depuis plusieurs années, a forcément subit une modification dans sa manière de comprendre les choses du continent. Je ne dis pas qu’il a tout oublié, mais plusieurs années dans un nouvel environnement “change son homme”.
Pour éviter les désillusions, les entrepreneurs de la diaspora doivent prendre le temps de redécouvrir l’Afrique. Personnellement j’ai commencé par des séjours de 3 à 4 semaines par an. 4 ans plus tard, les semaines sont devenues des mois. Vous prendrez ainsi le temps de vous faire de vrais contacts et comprendre ce qui marche. Et le plus important, vous apprendrez aussi “les nouveaux besoins des africains”. Ce sont à ces nouveaux besoins que vous devriez apporter une solution via votre entreprise. Une fois que vous aurez toute cette connaissance, vous pourriez vous même juger de l’intérêt de votre retour définitif au pays.
Vous remarquerez que certaines personnes essayeront de vous cataloguer comme étant leur “petit(e)” et qu’en retour, elles souhaiteront que vous les appeliez “grand Frère” ou “grande soeur”. Ne laissez pas ces choses influer sur votre fermeté face à des décisions.
Tant que possible cherchez à équilibrer les rapports que vous aurez avec les gens. N’hésitez pas à donner en retour lorsque l’on vous rend service. L’on peut bien vous faire croire que l’aide qu’on vous apporte est gratuit. Mais en tant qu’entrepreneur, vous savez très bien que rien n’est gratuit. Aussi, dire “non”, ne vous fera jamais perdre des amis ou des personnes qui ont du respect pour vous. Bien au contraire, lorsque quelqu’un s’éloignera de vous parce que vous lui auriez dit “non”, vous vous serez séparé d’une personne qui aurait pu ralentir votre progression ou réduire votre professionnalisme.
Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, l’Afrique a besoin de vous en tant que producteur de contenu. Les différents segments de l’industrie des technologies en Afrique sont très peu documentés. Difficile de savoir ce qui s’y passe. En tenant un blog, vous fournirez des informations très utiles pour les internautes. Qu’est ce que vous y gagnez ? Et bien tout ! Car vous avez une opportunité de vous positionner en tant qu’expert du segment que vous aurez choisi. Et vous êtes d’accord avec moi qu’un entrepreneur qui connaît les subtilités de son secteur a une avance significative sur ses (futurs) concurrents.
Prenez le temps (25 à 40 minutes par jour) d’écrire sur tout ce qui vous arrive. Au bout de quelques mois, vous verrez que vous aurez constitué une base de connaissance à valeur ajoutée.
Personnellement, il y a 2ans, j’ai réorienté mon site personnel (celui-ci) en blog pour partager mon aventure entrepreneuriale avec les internautes. Cela m’a permis d’avoir des contacts à travers toute l’Afrique. Et quand je dis toute l’Afrique, je parle aussi de la partie anglophone. Même si mon blog est en Français (j’ai pourtant essayé de publier en anglais pendant plusieurs mois) de nombreux observateurs et entrepreneur d’Afrique anglophone lise mes publications en utilisant l’outil de traduction de Google. Certains m’ont même fait savoir qu’il leur est arrivé de traduire certains de mes tweets. Il s’agit bien entendu de mes publications concernant les technologies en Afrique et de mes initiatives. La résultante de cet intérêt, est que je suis désormais l’un des intervenants de la série de conférence Mobile Web Africa qui reste l’évènement mobile le plus important sur le continent. C’est pour moi une occasion de faire connaître ce que nous faisons.
Je vous donne RDV dans le prochain article de la série “La diaspora face à l’écosystème des Tic en Afrique”, dans lequel je parlerai des opportunités offertes par l’environnement technologique du mobile en Afrique. J’en profiterai pour faire un tour d’horizon sur les spécificités de ce qui est la plus grande industrie technologique d’Afrique. Ce sera aussi l’occasion de vous parler des choses qui se font au Kenya, au Nigeria, en Afrique du Sud et dans certains pays d’Afrique francophone.
Pour conclure
L’Afrique est un terrain qui peut paraître difficile pour les entrepreneurs. Mais, c’est pourtant un endroit où le ROI (Return On Investment = “Retour Sur Investissement”) est largement reste très élevé comparé à la plupart des autres régions du monde. Tout est dans la manière dont vous allez acquerir la confiance des opérateurs et aussi votre capacité d’adaptation aux habitudes des personnes.
Comme je le disais au début de ce post, il existe sûrement de nombreuses recommandations que l’on pourrait faire. Je serai ravi de lire les vôtres. N’hésitez donc pas à commenter ce post avec vos recommandations ou suggestions aux personnes de la diaspora qui souhaitent revenir au pays pour entreprendre.
Merci à Melissa Jhonson qui a pris le temps de relire et corriger cet article. Vous pouvez suivre son “regard sur le monde, l’Afrique et …” sur son blog http://famchocolat.wordpress.com/
Un site web est très important pour une entreprise. C’est un puissant outil de communication qui peut à lui seul éviter à l’entrepreneur d’investir dans les canaux publicitaires traditionnels. La présence des entreprises africaines sur le web est un facteur déterminant pour l’augmentation du contenu africain en ligne. Mais à ce jour, le ratio d’entreprises d’Afrique présentent en ligne est très faible. Pourtant la plupart ont plus ou moins entendu parler du web. Pourquoi n’ont-elles pas encore fait le pas ? Peut être qu’elle n’en ont pas besoin. Essayons de comprendre ce qu’il en est à partir des éléments ci-dessous.

les africains ne sont pas encore sur le web
Si l’on s’en tient au données de Internet World Stats, il y a à ce jour environ 118 848 060 d’Africains sur le net. Ce qui fait 11,5% de la population totale du continent. Quand on sait que 44% (toujours d’après Internet World Stats) de ces internautes viennent du Nigeria, on comprend bien qu’il y a très peu d’africains qui ont accès au web. Un pays comme la Côte d’Ivoire n’a que 968 000 internautes pour une population estimée à 21 000 000. Avec ce faible taux de pénétration, les chefs d’entreprise peuvent considérer que le web n’est finalement pas un canal pertinent pour promouvoir une activité.
Les quelques africains qui sont en ligne sont bien souvent des influenceurs. Partons de quelques hypothèses qui sont presque vraies dans plusieurs régions d’Afrique :
Avec ces deux points, on peut déjà se dire que finalement les personnes ayant accès au web sont de réels influenceurs dans leur communautés respectives. Ils peuvent donc aider pour la promotion d’un produit. Ainsi, il est fort à parier que si quelqu’un qui a accès à l’internet apprécie votre produit via le web, il en parlera autour de lui. Et s’il en parle autour de lui, votre produit aura plus de facilité à se faire connaitre et à être adopté. En partant, bien sûr, du fait que cette personne soit très écoutée dans sa communauté.
| TABLEAU ISSU DE INTERNETWORLDSTATS.COM – 31 Mars 2011 | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Regions |
Population |
Utilisateurs d’Internet |
Utilisateurs d’Internet |
Penetration |
Croissance |
% d’utilisateurs |
| Afrique | 1,037,524,058 | 4,514,400 | 118,609,620 | 11.4 % | 2,527.4 % | 5.7 % |
| Asie | 3,879,740,877 | 114,304,000 | 922,329,554 | 23.8 % | 706.9 % | 44.0 % |
| Europe | 816,426,346 | 105,096,093 | 476,213,935 | 58.3 % | 353.1 % | 22.7 % |
| Moyen-Orient | 216,258,843 | 3,284,800 | 68,553,666 | 31.7 % | 1,987.0 % | 3.3 % |
| Amérique du Nord | 347,394,870 | 108,096,800 | 272,066,000 | 78.3 % | 151.7 % | 13.0 % |
| Amerique Latine / Carib. | 597,283,165 | 18,068,919 | 215,939,400 | 36.2 % | 1,037.4 % | 10.3 % |
| Oceanie / Australie | 35,426,995 | 7,620,480 | 21,293,830 | 60.1 % | 179.4 % | 1.0 % |
| TOTAL Mondial | 6,930,055,154 | 360,985,492 | 2,095,006,005 | 30.2 % | 480.4 % | 100.0 % |
Pour l’entrepreneur africain, il est vrai que le mobile doit être une priorité par rapport du web. Mais rien n’empêche de partir du web pour “gagner” sur le mobile. On peut imaginer par exemple une promotion sur le web qui nécessite l’inscription du numero de téléphone. Une fois l’inscription validée, l’internaute reçoit par exemple un SMS qu’il peut partager avec ses amis en leur envoyant à son tour des SMS. Je vous laisse imaginer la suite si réellement le produit représente un intérêt pour les utilisateurs.
Les réseaux sociaux sont un excellent canal pour les entreprises. Avec un ton amical, elles peuvent profiter de l’interconnexion des utilisateurs pour promouvoir leur activité de manière virale. En Décembre 2011, Facebook comptait plus de 37 millions d’Africains [Source : Internet World Stats]. C’est énorme, car cela signifie que sur 10 africains connectés, il y a environ 4 qui utilisent Facebook.
A quoi peut bien servir un site ?
Si vous décidez d’offrir vos services de designer ou de développeur web à une PME africaine, vous devrez être en mesure d’expliquer, à votre futur client, la valeur ajouté que vous apportez par rapport aux médias traditionnels. L’entrepreneur africain étant à la base sceptique vis-à-vis du web, vous devez avoir un argumentaire assez étoffé. Vous pouvez par exemple lui faire comprendre qu’un site web sert :
La cybercriminalité fait fuire tout le monde
La cybercriminalité fait des victimes et tue beaucoup de business dans plusieurs pays d’Afrique. Il empêche par exemple le décollage du E-commerce. Les autorités des pays africains manquent de moyens face à ce fléau. L’africain moyen sait par exemple qu’il est en danger sur internet. Mais, il ne sait pas forcément à qui s’adresser ou comment se protéger. Ce manque d’information conduit à un certain paranoïa. Chez AllDenY par exemple, nous approchons (physiquement) les pme ivoiriennes pour leur proposer nos services de création de site web (+ gestion et autres services). Mais avant même de proposer nos services, nous prenons le soin de demander à l’entrepreneur les raisons pour lesquelles il n’avait jusque là pas fait le pas du “on line”. Sur environ 1500 entreprises interrogées, la première raison évoquée est “la peur de se faire escroquer“.
Les exemples d’excroqueries et autres acte de “e-vandalisme” ne manquent pas. Il ne se passe pas un seul jour sans que un cas soit signalé. J’ai moi même pu faire le constat sur un site web qui reprenait pratiquement le meme nom de domaine qu’une banque ivoirienne. La seule différence était un tirait (banque-xxxxxx.com au lieu de banquexxxxx.com). ce site avait réussi à récupérer les accès de certains utilisateurs qui avaient essayé de se connecter à leur espace client via le site piraté.

Le problème du webmastering et des prestataires de services
Il est bien d’avoir un site web. Mais, s’il n’est pas fréquemment mis à jour, ou fourni en contenu, ils donnera plutot une image négative de l’entreprise. Le metier de webmaster (freelance ou agence) a encore des beaux jours en Afrique. En proposant leurs services de webmaster, ils prennent l’engagement d’intervenir sur les changements du contenu.
Pourtant de nombreuses entreprises se plaignent du manque de réactivités de leur webmasters. Et comme les entrepreneurs communiquent entre eux, cette situation crée une certaine réticence générale. Il y a donc un travail supplémentaire à faire du coté des webmasters. Au delà des impayés et autres soucis que peuvent poser des clients peu scrupuleux, les webmasters gagneraient à se comporter comme de vrais professionnels. Car la quantité des contrats futurs est souvent fonction du taux de satisfactions des précédents clients.
Au vu de toutes ces choses l’entrepreneur se demande souvent si cet outil de communication vaut réellement le “coût”. Ce situation se vérifie plus chez les nouveaux entrepreneurs pour qui la moindre sortie d’argent est calculée. Certains entrepreneurs ne sont pas à l’abris d’une surfacturation car n’ayant pas la mesure de ce que coûte le travail que le développeur ou le webmaster réalise pour eux. La vérité est qu’en Afrique, il est difficile de répondre à la question “combien coute un site web ? institutionnel ?”.
L’opportunité
Certains entrepreneurs vous diront qu’il ne savent pas quoi mettre sur le site que vous souhaitez leur créer. D’autres encore n’ont pas de dépliant ou de prospectus à partir duquel vous pouvez vous inspirer pour rédiger le contenu de leurs sites. Ce problème est finalement une opportunité pour les développeurs et surtout les webmasters qui peuvent aisément fournir une offre triple-play (conception – contenu – maintenance).
C’est aussi une opportunité pour des agences qui pourraient se spécialiser dans l’accompagnement des entrepreneurs pour la rédaction de la documentation sur leurs offres commerciales. Cet accompagnement aura son sens si en plus de la documentation, ces agences proposent des services (soit directement, soit par le biais d’un prestataire partenaire) de création de carte de visite et autres support à travers un package.
Le fait que les entreprises africaines ne soient pas encore en ligne représente une grosse opportunité pour les développeurs (freelance, agence). Il y a tout un continent à mettre en ligne. Et certains l’ont compris. Et parmi ces agences, l’on compte Google. Et oui ! Encore négligé par les autres géants du web, l’Afrique a été pris d’assaut par la firme de Montain View. En plus de sa mission d’accompagnement des développeurs et des producteurs de contenu africains, Google à entrepris d’aller à la rencontre des entrepreneurs à travers le programme “Get Your Business Online“. Déjà déployé en Europe (France, ireland, Grande-Bretagne, ..) en Amérique (USA, Canada, ….) en Asie (Inde, ….), ce programme est désormais à la disposition des entreprises africaines (Kenya, Nigeria, Ghana, …).
Enfin
Je pense vraiment que ce serait dommage pour les développeurs africains de ne pas profiter de cette opportunité. Je n’ai rien contre le fait que Google soit positionner mais c’est une réelle opportunité pour tous ses développeurs qui chaque jour essaient de vivre de l’art qu’ils ont choisit. Ils ont l’avantage d’être proches des entreprises africaines. Ils ont aussi l’avantage de ne pas souffrir de la lourdeur d’une multinationale. Reste à eux de prendre cette grosse part du Gâteaux qui est à leur disposition. Dans quelques années ce sera trop tard. Car en plus de fournir un travail de qualité, Google à le chic de rendre ses services abordable à tous.
J’ai surement omis d’autres raisons qui empêchent les entreprises d’Afrique d’être en ligne. Via un commentaire, vous pouvez partager celle que vous avez identifiées.

La diaspora africaine a un rôle important à jouer dans l’évolution des technologies de l’information en Afrique. Avec des expériences dans les pays développés et en Asie, la diaspora a pu acquérir les bonnes pratiques. Elle peut donc apporter sa pierre à l’édifice. Cette liste n’est pas exhaustive, mais elle donne le ton sur les besoins actuels. Ces profils sont nécessaires à l’évolution des technologies dans les pays d’Afrique subsaharienne.
Analyste et observateurs avisé de l’industrie
Sur une carte de visite cela peut paraître un peu étrange. Or il y a peu de références lorsque l’on cherche des personnes capables de fournir des analyses sur différents segments de ce marché. La personnes idéale devrait avoir les traits de caractères suivants :
L’analyste de l’industrie technologique en Afrique peut aisément travailler pour son propre compte en tenant par exemple un site/blog informatif. Il peut aussi travailler pour des organisations qui ont constamment besoin d’effectuer des études. Rien n’empêche de coupler les deux.
Expert technique logiciel pour le mobile
On parle souvent d’architecte logiciel. Je parle là de personnes pour qui les lignes de code Java/C++/C# n’ont plus de secret. Il suit aussi de très près l’évolution des API des différents système d’exploitation mobile (android, ios, blackberry, nokia, ..). La personne idéale pour ce profil serait quelqu’un qui aurait déjà conçu un ou plusieurs logiciels (desktop, web ou mobile). Des logiciels et applications capables de gérer des flux et des transactions importantes. Un exemple concret serait quelqu’un qui aurait déjà mis en place une application web ou un portail web/mobile grâce à un CMS ou un framework qu’il aurait conçu lui même. Ce que l’on attend d’un tel profil, c’est qu’il soit capable de produire de la documentation technique et de aussi de la documentation fonctionnel. C’est aussi quelqu’un qui fait une veille technique depuis plusieurs années. C’est connu en Afrique, l’expression des besoins dans un cahier des charges n’est pas courant. C’est souvent au prestataire de rédiger à la place du client. C’est cette aptitude supplémentaire qui fera la différence, pour l’architecte.
Content Strategist
Il s’agit certes d’un nouveau métier en occident. Mais l’Afrique en a plus que besoin. Le content Strategist est une personne qui définie le contenu à produire et surtout la manière dont il faudra les diffuser. L’objectif étant d’atteindre un maximum d’audience. Le content strategist sait les différentes manières de monétiser le connu ainsi que les entités qui en ont besoin. Chaque fois qu’il entamera un projet, il aura déjà en vu plusieurs clients demandeurs. La faible quantité de contenu africain en ligne (vis-à-vis du reste du monde) est avérée. Il a donc de plus en plus d’initiatives qui visent à en produire. Avec un tel architecte/stratège, un projet de production de contenu peut avoir l’assurance de générer les résultats attendus. Les africains consomment de plus en plus de contenu africain. Avec l’arrivée sur le marché des tablette africaines et autres tablettes low-coast, il est fort à parier que cette tendance ne risque pas de s’arrêter. La personne idéale serait quelqu’un de curieux, qui fait attention aux détails et qui s’y connaît éventuellement en archivage ou en publication.
Il y a de nombreux autres profils qui sont attendu dans l’écosystème technologique africains. N’hésitez donc pas à partager ceux que vous avez identifié.
Les derniers chiffres de la pénétration du mobile en Afrique sont encore plus encourageant que ceux de l’an dernier. Ce sont de très bons indicateurs pour les développeurs d’applications mobiles. Et même pour ceux qui ne s’y connaissent pas mais désirent se lancer. Dans tous les cas, les développeurs se retrouvent toujours face à une question toute simple mais qui peut être déterminante pour le succès de leurs applications : faut-il lancer une application sms ou se positionner sur les applications pour smartphone ?

Par ICT4D.at
Les applications sms : simples mais limités
Une application sms, comme son nom l’indique, consiste principalement en une communication via sms entre votre serveur (de sms) et l’utilisateur de mobile. Vous êtes donc dans l’obligation de payer les sms que vous envoyez. Normal, vu que vous utiliserez le réseaux gsm d’un opérateur. L’application sms a l’avantage de passer sur tous les téléphones (même les plus anciens). Mais il nécessite plusieurs échanges de sms entre votre serveur et l’utilisateur de l’application/service. Selon le pays dans lequel vous avez décidé de lancer le service, il vous faudra donc étudier les packages offerts par les différents opérateurs. La tarification de ces packages est souvent fonction du nombre de sms que vous envisagez envoyer. Plus vous enverrez de sms, moins le prix unitaire du sms sera.
Pour lancer un tel service, vous avez besoin d’un “short number” (numéro court). Les utilisateurs pourront ainsi envoyer des messages vers ce numéro pour bénéficier des services. Dans la plupart des pays d’Afrique, c’est le régulateur des télécoms qui peut fournir ce numéro. Mais il arrive que les opérateurs puissent le faire.
L’inconvénient, lorsque l’on souhaite passer par les sms, c’est que certaines applications sont tout simplement irréalisables. Prenez l’exemple d’une application qui nécessite que l’utilisateur remplisse plusieurs formulaires. Ce n’est tout simplement pas possible avec le mode sms quand on sait que chaque soumission de champs nécessitera un échange de message entre le serveur et le terminal de l’utilisateur.
Les applications pour smartphone, finalement de mini applications web
Ces applications ne fonctionnent qu’avec des téléphones intégrant les fonctionnalités offerte par les protocoles de 2ème ou 3ème génération (2G – 3G). Elles sont assez facile à mettre en place car chacune des Apps Store fournie des API (Application Programming Interface : des ensembles de codes et les manières de les modifier qui vont avec) assez documentées. Vous avez aussi toute une suite d’applications sur le App Store qui facilitent la vie des développeurs. Par exemple vous y trouverez un système de paiement/rémunération interne ainsi qu’un système pour la diffusion de la publicité.

Le taux de pénétration du mobile dans les 25 pays qui détiennent 91% des connexions mobiles en Afrique. Source : GSMA 2011
Compte tenu du gros flux de données susceptible d’être transférées par ces applications, l’on a besoin de passer par des réseaux de seconde ou 3ème génération. Il s’agit des réseaux 2G à 3G. Et bientôt dans certains pays africains l’on pourra utiliser les canaux de 4ème génération, la 4G. Sauf que ces réseaux ne sont pas optimiser pour contraindre à une utilisation modérée de la bande passante. C’est au développeurs d’optimiser son application pour qu’elle soit moins gourmande. Si possible il doit aller jusqu’à choisir des couleurs qui utilisent le moins d’espace (d’octet) possible. Pour lancer une application pour smartphone, Il vous suffit de développer votre application et de la mettre en ligne sur l’apps Store qui lui est appropriée. En général, c’est gratuit et vous avez juste à vous rendre sur le site du fournisseur de l’Apps Store et à y télécharger votre application.
La force de diffusion des applications gratuites
Le bouche-à-oreille est très puissant en Afrique. C’est donc un canal de diffusion à prendre en compte lorsque l’on désire faire connaître un service utile. Et si en plus votre service est gratuit, il y a de forte chances que la majorité de tous ceux qui en ont besoin le téléchargent ou l’utilisent. Bien entendu vous devriez réfléchir à un modèle économique assez ingénieux pour rentabiliser l’application. Je pense par exemple que si vous diffusez gratuitement les titres (et résumés) de l’actualité, vous avez de forte chance d’avoir une forte audience. Lire les titres de l’actualité, est une activité très répandue en Afrique. Ce sera ensuite à vous de voir ce que vous pourriez inclure dans ces titres pour générer des revenus. Supposons que vous envoyez gratuitement le top 5 des titres du jour. Je ne pense pas que les utilisateurs vous en voudront si au 6ème sms, il reçoivent de la publicité. Et bien voici une idée de business pour vous !
Comme dans toute stratégie qui implique une offre gratuite, vous devriez songer à l’offre payante. Dans notre exemple, l’on pourrait faire payer le résumé du top 5 des titres du jour. La encore, il ne s’agit pas de prendre le maximum chez les utilisateurs, mais bien entendu de les fidéliser. A mon avis, vu la jeunesse de cet écosystème, les développeurs gagneraient à fidéliser les utilisateurs plus qu’à essayer de leur prendre de l’argent. Bien entend, si la possibilité de se faire quelques sous se présente il faut la saisir tout en gardant à l’esprit, l’objectif : fidélisation.
La rentabilités des applications payantes
Une application smartphone ou sms payante réduit d’office son rayonnement. Dans les pays développés, cela ne pose pas problème. Les utilisateurs possédant tous des moyens de paiement en ligne. Mais en Afrique, plusieurs problème se posent.
Quelques chiffres intéressants :
[/caption] Le bon choix?
Vous avez certes un avis contraire ou êtes du même avis que moi (n’hésitez pas à l’exprimer). Mais en ce qui me concerne, je préconise les services sms ou les applications smartphone en fonction de la catégorie de l’application. Les catégories étant : actualité, jeux, banque, musique, …
Et vous, que pensez-vous des applications sms/smartphone ?
Dans les pays développés, lorsqu’une entreprise décide de mettre en place un site web pour la présentation de son activité elle sait plus ou moins à qui s’adresser et combien payer. Mais lorsqu’il s’agit des entreprises en Afrique subsaharienne, cela peut devenir un véritable casse tête. Bien souvent, le plus difficile pour l’entrepreneur (ou le chef d’entreprise) est de déterminer la valeur ajoutée que pourrait apporter un site web à son affaire. C’est à partir de cette information qu’il pourra définir un budget pour une éventuelle réalisation. Le site étant un outil de communication supplémentaire.
Soit une entreprise africaine de moins de 50 salariés qui fait un bénéfice dans la moyenne des entreprises du pays dans lequel il se trouve. Supposons qu’elle désire avoir un site web. Nous allons d’abord nous intéresser aux développeurs web qui pourraient s’occuper de la réalisation.
Le salaire mensuel d’un développeur web en Afrique subsaharienne
La notion de facturation à l’heure de travail n’est pas très répandue en Afrique. Donc difficile d’établir une méthode universelle pour la facturation. Mais nous allons déterminer la facturation en fonction du nombre de jours de travail. On peut estimer le salaire net moyen d’un développeur web (que l’on appelle “Intégrateur”) diplomé avec au moins 3 ans d’expérience à environ 300 000frcfa (il y a de fortes chances que ce soit 400 000frcfa ou 250 000fcfa). Bien sûr, on ne parle pas ici de développeur de logiciels ou d’applicatifs. Pour ce métier il faut compter au moins 450 000frcfa en moyenne. Donc si nous revenons au cas du développeur web (l’intégrateur), on se retrouve avec un salaire annuel de 3 600 000fcfa. En estimant qu’il y a environ 250 jours de travail effectifs dans l’année on se retrouve à environ 14 400frcfa/jour qui est (d’après nos hypothèses), le salaire journalier net d’un développeur web. Dans le cas des développeurs indépendants, il faudrait compter 2,5 fois plus car ils supportent des charges que les salariés ne supportents pas. Ce qui fait 2 x 14 400 = 28 000frcfa.
Combien de temps faut-il pour développer un site institutionnel (avec environ 5 pages) ?
Cela dépend énormément des compétences (savoir-faire) du développeur. Et ici on est bien dans quelque chose qui n’est pas spécifique à l’Afrique. Je suis de ceux qui estiment q’un développeur, fût-il africain, à tout ce qu’il lui faut pour être au même niveau qu’un développeur européen ou américain ou encore, indien. Les ressources en ligne constituant la meilleure école. Ainsi, après 3 ans, un développeur doit être capable de développer au moins une page web (de complexité moyenne) par jour. Et pour y arriver il a dû accumuler les bouts de code utiles de sorte qu’il ne soit pas à chaque fois obligé de réinventer la roue. Aussi un développeur est sensé être très rapide au clavier. Si vous êtes développeur et que vous n’en êtes pas à ce niveau, vous devez vous poser des questions. Et surtout, vous gagnerez à vous améliorer avant de commencer à proposer vos services. Enfin pour être un peu large on dira qu’il faut 7 jours pour développer un site institutionnel de 5 pages avec un design original mais assez simple.
Ce que le développeur devrait encaisser
A 28 800frcfa/jour, le développeur (indépendant) devrait encaisser (7 x 28 800) = 252 000frcfa. Nous estimons que 40% (100 800frcfa) de cette somme est réservée aux charges de prospection et aux taxes. Ne perdons pas de vu que le développeur indépendant ne prospecte pas de la même manière qu’une grosse entreprise. Il reste donc 151 200frcfa net pour le développeur. Il y a environ 20,5 jours ouvrés dans le mois. On suppose donc que le développeur ne pourra réaliser que 2 sites maximum par mois. Le reste du temps étant consacré à la prospection et à l’auto-formation. Et oui, un développeur indépendant doit toujours apprendre encore plus. Plus il en saura, meilleurs ses travaux seront, et plus il pourra facturer. Dans tous les cas, on voit bien qu’avec 2 sites par mois, le développeur indépendant s’en sort aussi bien que les salariés qui ont moins d’impératifs.
En réalité
Lorsque je demande à mes amis développeurs africains avec qui je suis connecté (via email, facebook, twitter, …) combien ils prendraient pour un tel site, j’ai à la fin une fourchette comprise entre 500 000frcfa et 1 000 000frcfa. Sauf que s’il leur faut plus de 10 jours avant de livrer, alors ils ne sont pas dans le coup/compétition. 500 000frcfa correspond bien à 2 fois ce que (252 000frcfa) nous avons établi avec nos hypothèses. Le problème est que, très peu de développeurs arrivent à livrer en moins de 7 jours. Or il gagneraient à livrer en 4,5 (ou 5) jours. On revient donc sur le fait de “capitaliser” en terme de bouts de code et autres éléments génériques. Au fond, si l’on se lance dans le business de développement de site web, il faut à la limite, avoir mis en place son propre cms (Content Manager System) afin de consacrer les 5 jours au design et aux spécificités du client.
Le deuxième groupe d’amis qui represente des entreprises technologiques propose lui une facturation à hauteur de 1 000 000frcfa minimum. C’est compréhensif, vu que ces entreprises ont des charges supplémentaires tel que la gestion de leur image et de leurs commerciaux.
Ce que l’on peut rajouter
en fonction des cas, l’on peut facturer au client plusieurs autres éléments :
Et c’est là que le développeur peut faire de l’argent. Les activités mentionnées ne demandant pas beaucoup de temps de travail.
Les nouveautés
Depuis quelques temps, à Abidjan, l’on trouve de petites pancartes publicitaires sur les panneaux des feux tricolores. Ces pancartes indiquent que l’auteur propose de créer des sites web à 0 frcfa. Certains de ces auteurs ont été approché par Yoro (Israel Yoroba) . Et il en resulte que ces développeurs ne facturent pas la création du site mais misent tout sur certains des éléments cités dans le chapitre ci-dessus. Ce qui reviendrait à environ 300 000frcfa/an pour le client. Mais, ceux qui ont déjà vu ces sites disent que les templates présentés sont assez simpliste. Mais l’argument de poids de ces développeurs est la mensualisation due des factures. Bien des personnes se sont plainds d’eux. Mais je suis plutôt d’accord avec cette méthode. Car, si l’on prend en compte le fait que le client peut ne pas honorer ses mensualités. Tous savons comment le recouvrement est difficile en Afrique. Surtout si le client n’accorde pas beaucoup d’importance au service rendu.
A quoi peut bien servir un site web pour une entreprise en Afrique ?
Dans tout métier, pour transformer un prospect en client, il faut arriver à lui faire comprendre qu’il a besoin de votre produit. Et à ce jeu, les développeurs africains ont encore un peu de mal. En Afrique, les chefs d’entreprise ne font confiances qu’aux affiches publicitaires, à la radio ou à la télé. S’il veulent signer des contrats, les développeurs doivent les emmener à essayer ce nouveau média qu’est le web.
Convaincre les chefs d’entreprise n’est pas facile
En discutant avec des quelques développeurs indépendants basés en Afrique, je me suis aperçu qu’ils ont beaucoup de mal à vivre de leurs métiers. Ils arrivent difficilement à avoir des contrats. Et bien souvent, lorsqu’ils en ont, ils ont du mal à facturer correctement. Les clients ne donnant pas beaucoup d’importance à leur travail. La vérité est qu’ils ont du mal à convaincre les chefs d’entreprise. Pour ces derniers qui ce n’est pas facile me dit-on. Pourtant une poignée s’en sort très bien grâce à des petites astuces.
Les développeurs devraient éduquer les prospects et les clients
Pour un marché naissant comme celui du web en Afrique, les développeurs ont une charge supplémentaire en plus de leur travail technique. Il doivent “éduquer leurs clients”. C’est à dire prendre le temps de leur apprendre le minimum. A savoir ce qu’est le web et toutes ces choses liées aux technologies de l’internet et du mobile. C’est ce travail préalable qui valorisera l’offre de service technique. Une méthode toute simple consiste à tenir un blog ou une newsletter.
Au fond un site internet peut coûter 0fr si le client estime qu’il n’en a pas réellement besoin. Mais, je peux vous assurer que si ce dernier reçoit des appels de client lui indiquant être passer par internet pour trouver le numéro, il sera disposer à vous rémunérer. A partir de cet instant, vous pourriez lui faire payer. A vous de trouver le moyen d’identifier chaque prise de contact générer par le site. De nombreux outils existent pour ça. L’un des moyens est de mettre à disposition des internautes un code (une sorte de code promo) à communiquer à votre client lorsqu’ils l’appelle.
Pour finir
Si vous êtes développeurs, n’hésitez pas à nous partager votre expérience pour ce qui est des soucis que vous rencontrez lorsque vous devez facturer à hauteur du service que vous rendez. Votre expérience sur le recouvrement de vos créances serait la bienvenue. Pour finir, vous pouvez aussi donner votre avis sur la somme moyenne à facturer pour les sites web comme celui indiquée en introduction.