[ Ceci est une mise-à-jour d'un article publié en Mars 2010]

Ce week-end, en discutant avec Arsène Dally de Critiques Afrique autour d’un plat d’alloco (spécialité culinaire ivoirienne à base de friture de banane plantain) nous avons parlé d’entrepreneuriat en Afrique et les relations

Jpehouman.com : la société africaine et l'entrepreneuriat

Un petit shop dans le fin fond de la Tanzanie.

avec la famille et les proches. Voici le résumé de ce dont j’ai parlé.

De la tendre enfance à la sortie du lycée, la majorité des africains reçoivent une éducation influencée par la “soumission” aux aînées  Le mot parait fort d’autant plus qu’il est perçu comme du “respect” à l’ainée. Bien que cette éducation permette d’établir un certain équilibre social, il faut reconnaître qu’elle empêche certains “visionnaires” de s’épanouir  Car bien souvent ces personnes sont vues comme  rebelles, non-respectueuses des aînées. Or, entreprendre c’est avant tout vouloir changer le status-quo. C’est vouloir faire évoluer le fonctionnement des choses. Et pour y arriver il faut un minimum de “rébellion“ et d’audace en soi. Cette “rébellion” pacifiste doit avoir pour but d’améliorer la vie de ses contemporains. Ainsi, l’entrepreneur propose une nouvelle manière d’interagir avec notre environnement tout en décidant “qu’il faut que les choses changent/évoluent”.

De nombreux porteurs de projets que j’ai pu rencontrer ne m’ont pas caché le scepticisme de leurs familles et proche face à l’aventure dans laquelle ils désiraient se lancer. Souvent ils ont pu entendre :

  • … “Petit”, qui es-tu pour vouloir changer les choses ? …
  • … Tu ferais mieux de te chercher une place dans une grosse boite de la place, …
  • … Ou compte tu trouver les capitaux ? …
  • … Personne ne vas te faire confiance car tu ne connais personne dans la sphère politique ni dans “le milieu”, …
  • … Sans argent tu ne peux pas créer d’entreprise, …
  • … Ce sont les “riches” qui peuvent se permettre de crée une entreprise, …
  • ……

J’espère que les porteurs de projets africains se rendent compte de la richesse qu’ils détiennent. Car le seul fait de vouloir changer changer les choses ou de proposer un nouvel outil, un nouveau service est une preuve de grandeur d’esprit.

Un point que nous ne pouvons ignorer c’est que notre société “africaine” donne à l’échec un caractère fatal. En effet l’on n’a presque pas droit à l’erreur. Cette situation fait reculer plus d’un. Ainsi, l’on préfère garder ses idées dans la tête au lieu d’essayer de les mettre en oeuvre.

Enfin la patience n’a désormais plus la cote. on fait des plans sur maximum 1 an. Et si la rentabilité n’est pas au rendez-vous, on abandonne. Et ce, toujours sur la pression des proches. Une phrase qui me fait souvent sourire : “… laisse tomber, ce truc n’est pas fait pour toi … “. J’aurais tendance à demander : “…Et donc, c’est fait pour qui ? …”. On attend que l’autre est prouvé qu’un concept marche avant d’essayer de le copier.

J’ai une bonne nouvelle pour les porteurs de projets africains. L’on n’a pas besoin de grand moyen financier pour entreprendre. Entreprendre c’est trouver sans cesse des solutions à des barrières qui pour les autres paraissent infranchissables. Le contournement des barrières sociales doit être pris en compte dans le plan de chaque porteur de projet. Si cela peut motiver, sachez que Steve Wozniak (cofondateur de la société Apple) a écrit la majeure partie du code source de l’Apple 1 sur du papier. Cas extrême mais si quelqu’un l’a fait, alors vous pouvez faire de grandes choses avec ce que vous possédez.