Les derniers chiffres de la pénétration du mobile en Afrique sont encore plus encourageant que ceux de l’an dernier. Ce sont de très bons indicateurs pour les développeurs d’applications mobiles. Et même pour ceux qui ne s’y connaissent pas mais désirent se lancer. Dans tous les cas, les développeurs se retrouvent toujours face à une question toute simple mais qui peut être déterminante pour le succès de leurs applications : faut-il lancer une application sms ou se positionner sur les applications pour smartphone ?

Par ICT4D.at

Les applications sms : simples mais limités
Une application sms, comme son nom l’indique, consiste principalement en une communication via sms entre votre serveur (de sms) et l’utilisateur de mobile. Vous êtes donc dans l’obligation de payer les sms que vous envoyez. Normal, vu que vous utiliserez le réseaux gsm d’un opérateur. L’application sms a l’avantage de passer sur tous les téléphones (même les plus anciens). Mais il nécessite plusieurs échanges de sms entre votre serveur et l’utilisateur de l’application/service. Selon le pays dans lequel vous avez décidé de lancer le service, il vous faudra donc étudier les packages offerts par les différents opérateurs de téléphonie mobile. La tarification de ces packages est souvent fonction du nombre de sms que vous envisagez envoyer. Plus vous enverrez de sms, moins le prix unitaire du sms sera.

Pour lancer un tel service, vous avez besoin d’un “short number” (numéro court). Les utilisateurs pourront ainsi envoyer des messages vers ce numéro pour bénéficier des services. Dans la plupart des pays d’Afrique, c’est le régulateur des télécoms qui peut fournir ce numéro. Mais il arrive que les opérateurs puissent le faire.

L’inconvénient, lorsque l’on souhaite passer par les sms, c’est que certaines applications sont tout simplement irréalisables. Prenez l’exemple d’une application qui nécessite que l’utilisateur remplisse plusieurs formulaires. Ce n’est tout simplement pas possible avec le mode sms quand on sait que chaque soumission de champs nécessitera un échange de message entre le serveur et le terminal de l’utilisateur.

Les applications pour smartphone, finalement de mini applications web
Ces applications ne fonctionnent qu’avec des téléphones intégrant les fonctionnalités offerte par les protocoles de 2ème ou 3ème génération (2G – 3G). Elles sont assez facile à mettre en place car chacune des Apps Store fournie des API (Application Programming Interface : des ensembles de codes et les manières de les modifier qui vont avec) assez documentées. Vous avez aussi toute une suite d’applications sur le App Store qui facilitent la vie des développeurs. Par exemple vous y trouverez un système de paiement/rémunération interne ainsi qu’un système pour la diffusion de la publicité.

    Les 25pays qui détiennent 91% des connexions en Afrique. Source : GSMA 2011

Le taux de pénétration du mobile dans les 25 pays qui détiennent 91% des connexions mobiles en Afrique. Source : GSMA 2011

Compte tenu du gros flux de données susceptible d’être transférées par ces applications, l’on a besoin de passer par des réseaux de seconde ou 3ème génération. Il s’agit des réseaux 2G à 3G. Et bientôt dans certains pays africains l’on pourra utiliser les canaux de 4ème génération, la 4G. Sauf que ces réseaux ne sont pas optimiser pour contraindre à une utilisation modérée de la bande passante. C’est au développeurs d’optimiser son application pour qu’elle soit moins gourmande. Si possible il doit aller jusqu’à choisir des couleurs qui utilisent le moins d’espace (d’octet) possible. Pour lancer une application pour smartphone, Il vous suffit de développer votre application et de la mettre en ligne sur l’apps Store qui lui est appropriée. En général, c’est gratuit et vous avez juste à vous rendre sur le site du fournisseur de l’Apps Store et à y télécharger votre application.

La force de diffusion des applications gratuites
Le bouche-à-oreille est très puissant en Afrique. C’est donc un canal de diffusion à prendre en compte lorsque l’on désire faire connaître un service utile. Et si en plus votre service est gratuit, il y a de forte chances que la majorité de tous ceux qui en ont besoin le téléchargent ou l’utilisent. Bien entendu vous devriez réfléchir à un modèle économique assez ingénieux pour rentabiliser l’application. Je pense par exemple que si vous diffusez gratuitement les titres (et résumés) de l’actualité, vous avez de forte chance d’avoir une forte audience. Lire les titres de l’actualité, est une activité très répandue en Afrique. Ce sera ensuite à vous de voir ce que vous pourriez inclure dans ces titres pour générer des revenus. Supposons que vous envoyez gratuitement le top 5 des titres du jour. Je ne pense pas que les utilisateurs vous en voudront si au 6ème sms, il reçoivent de la publicité. Et bien voici une idée de business pour vous !

Comme dans toute stratégie qui implique une offre gratuite, vous devriez songer à l’offre payante. Dans notre exemple, l’on pourrait faire payer le résumé du top 5 des titres du jour. La encore, il ne s’agit pas de prendre le maximum chez les utilisateurs, mais bien entendu de les fidéliser. A mon avis, vu la jeunesse de cet écosystème, les développeurs gagneraient à fidéliser les utilisateurs plus qu’à essayer de leur prendre de l’argent. Bien entend, si la possibilité de se faire quelques sous se présente il faut la saisir tout en gardant à l’esprit, l’objectif : fidélisation.

La rentabilités des applications payantes
Une application smartphone ou sms payante réduit d’office son rayonnement. Dans les pays développés, cela ne pose pas problème. Les utilisateurs possédant tous des moyens de paiement en ligne. Mais en Afrique, plusieurs problème se posent.

  • l’achat même de l’application : Posséder un compte sur une Apps Store n’est pas facile pour un africain. Il a bien souvent besoin de posséder une carte bancaire acceptée par la plate-forme. Vous et moi connaissons le taux de bancarisation en Afrique. De là, une grande partie des africains est mise hors jeux.
  • La détermination du meilleur tarif : Le marché étant embryonnaire, il n’est pas facile pour les entrepreneurs de déterminer une tarification. Mais avec le temps et l’expérience des uns et des autres, nous arriverons sûrement à surmonter cette difficulté.

Quelques chiffres intéressants :

  • Le taux de pénétration des smartphones en Afrique est de 5.1%
  • un smartphone nécessite 24 fois plus de données (donc utilisation du trafic) qu’un mobile basique (en mode sms)
  • 25 pays représentent 91% de la connexion mobile du continent. Cet ensemble est appelé A25
  • On compte 620 million de connections mobile en Afrique en Septembre 2011
  • 96% des mobiles en Afrique fonctionne en mode pré-payé
  • on est passé d’un taux de pénétration du mobile de 2% en 2000 à un taux de 63% en 2011
  • en 2011, le taux de pénétration de certains pays du A25 (voir le 3ème point de cette liste) est nul (0%). Il s’agit de : Côte d’Ivoire, Zambie, Algérie, Bénin, Burkina Faso, Congo (ex-Zaïre)